Georges Gouriten
Pourquoi l'égalité ?

Dans les derniers articles, j'ai tracé les contours d'un projet social visant à établir l'égalité entre toutes et tous, que cela concerne la gouvernance politique et l'organisation du travail, ou la distribution des richesses. Ce projet propose des bases systémiques radicalement différentes de celles qui sont actuellement en vigueur et le mettre en œuvre demanderait des efforts considérables. Il convient alors de se demander quelles en seraient les justifications.

La première raison est que, s'il n'y a pas d'égalité, il y a une exacerbation des tensions sociales. Le fait que certains soient riches et d'autres pauvres, que certains travaillent durement et d'autres pas, n'est fondamentalement pas une situation juste. Cette injustice implique nécessairement une forme de violence envers les individus, violence qui se diffuse dans l'ensemble des rapports sociaux.

En second lieu, l'inégalité implique l'existence de mécanismes permettant la séparation des différentes couches sociales et le classement des individus. Ces mécanismes sont lourds. Une énergie folle est dépensée pour conquérir ou conserver les pouvoirs et les richesses. Une pensée de l'égalité permet de simplifier nombre de ces questions. Pour prendre un exemple concret, plutôt que de débattre longuement du mérite de chacun pour attribuer les augmentations de salaire, il y a le même salaire pour tous.

Il s'agit aussi de prendre conscience du caractère profondément sain des relations d'égal à égal. Nul ne veut être dominé ou humilié, alors il n'y a aucune raison de vouloir dominer ou humilier. Se voir comme une personne qui souhaite des relations égalitaires, c'est accéder pleinement à sa dignité d'être humain et au bon équilibre entre l'égoïsme - je ne veux pas être dominé ou humilié - et l'altruisme - je ne veux pas dominer ou humilier.

Je pense que l'égalité est une condition nécessaire pour établir des relations véritablement amicales entre les citoyennes et les citoyens, en respectant l'autre dans sa dignité et en étant respecté par l'autre dans la mienne. Partager de manière égalitaire le pouvoir, le travail, et les richesses peut favoriser la solidarité et l'amitié, rendre possible la coopération, un vivre-ensemble de qualité, et le bonheur du plus grand nombre.

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